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Ecole de Lapara : Le chemin de croix pour l'eau

Moussa
Son bidon d’eau, Moussa parcourt de longues distances chaque jour.
Credit: WaterAid in Burkina Faso

24 Avril 2009

Un sac d'écolier et un seau de nourriture dans une main, dans l'autre un bidon contenant de l'eau d'une couleur grisâtre. Voici les signes par lesquels l'on reconnaît les élèves de l'école de Lapara.

Lapara est un village situé à 12 km du chef lieu de la commune de Boromo. Seulement 31% de ses 2,877 habitants ont accès à l'eau potable, obligeant les autres à s'approvisionner dans des sources d'eau non potable comme les puits traditionnels à ciel ouvert et le barrage.

Les 183 enfants de l'école de Lapara vivent ce manque d'eau potable au quotidien. L'école ouverte depuis 2002 ne dispose, en effet, que d’un puits à grand diamètre, sans margelle pour satisfaire ses besoins en eau. Pourtant, c'est la seule source d'eau à proximité. «Élèves et populations se disputent cette eau», explique le directeur de l'école, Monsieur Bonzi.

Afin de s'assurer d'avoir de quoi boire, les enfants font leur provision d'eau, et quelle eau ?
Afin de s’assurer d’avoir de quoi boire, les enfants font leur provision d’eau, et quelle eau?
Credit: WaterAid in Burkina Faso

A l'intérieur du puits, feuilles mortes d'arbres, cohabitent avec autres déchets transportés par le vent et les eaux de ruissellement.

Pour éviter les retards dus aux longues attentes devant le puits afin d'étancher sa soif, Moussa, tout comme Nadège qui habite à 7 km de l'école, n'oublie jamais de transporter son eau de boisson de la maison. Une eau qui provient aussi de puits ouverts et dont la couleur dit long sur la qualité: «il m'arrive, en buvant cette eau de tomber sur des saletés mais je n'ai pas le choix» se résigne Moussa.

Populations et enfants de Lapara espèrent que la réalisation des deux forages prévue par le projet «Un meilleur accès à l'eau potable  et l'assainissement dans la province des Balé à travers la bonne gouvernance locale» cofinancé par WaterAid et l'Union Européenne améliorera leur condition. En attendant, chaque matin est un chemin de croix pour ces enfants en quête de savoir.