Ambition : Renforcer la qualité du travail
 |
| Mariame Dem a des nouvelles ambitions pour la région. |
| Credit: WaterAid |
26 Octobre 2009
Après 6 années au poste de Directeur Régional de WaterAid pour l'Afrique de l'Ouest, Idrissa Doucouré a passé la houlette à Mariam Dem le 15 juin 2009.
1) Qui est Mariame Dem ?
Je me définie comme une Femme Africaine d'origine Sénégalaise (Région de Matam au Nord du Sénégal) et citoyenne du Monde. Parce que ma langue maternelle est le Peulh, je me sens chez moi dans tous les pays de l'Afrique de l'Ouest. Je suis mariée mère d'une fille et d'un garçon.
J'ai fait des études de Management à l'Université de Dakar. Je suis engagée dans l'action pour un Développement Equitable protectrice de l'Environnement et pour la Justice Sociale depuis ma jeunesse. Mon expérience de développement a débuté en 1982 quant j'ai commencé à prendre part à des équipes de recherche sur les questions de développement et celles relatives aux Femmes.
Pendant 15 ans (1990 à 2005) j'ai travaillé pour Oxfam Grande Bretagne, une ONG internationale qui travaille pour l'éradication de la pauvreté d'abord au Sénégal puis comme Conseillère Régionale au le Bureau Afrique de l'Ouest et enfin comme Directrice du Programme Sahel. Dans cette dernière fonction, j'étais basée à Ouagadougou et je couvrais le Burkina, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal. Cette expérience a fait du Burkina Faso mon 2ème pays où j'ai eu à apprécier la disponibilité et l'engagement des Burkinabé.
2) Qu'est qui a motivé votre décision de vous joindre à WaterAid ?
Ma première expérience avec la difficulté d'accès à l'eau pour des populations marginalisées et aux faibles moyens fut quand j'étais étudiant dan un village dans le Nord du Sénégal où je servais comme volontaire pour un programme de vacances en milieu rural. La seule source d'accès à l'eau était un petit affluent du Fleuve Sénégal, nommé Doué. Cette eau était impropre à la consommation et difficile d'accès. Les familles filtraient l'eau pour la consommer et parce qu'il n'y en avait pas en quantité suffisante, on ne pouvait pas se permettre de la gaspiller. Je vous raconte une anecdote : tous les membres de la famille qui m'hébergeait allaient au champ. C'était une famille dont le chef de famille était une veuve. Pour aider, j'ai offert de faire la cuisine. Le sel qui était disponible pour assaisonner était très noir ; cependant il n'était pas possible de le laver proprement parce que la quantité d'eau disponible ne permettait pas 'ce luxe' !
 |
| Toutes les populations doivent avoir accès à l'eau potable, des puits comme celui-là ne doivent plus exister. |
| Credit: WaterAid |
A Oxfam GB, nous travaillons principalement en milieu rural et dans les zones les plus défavorisées. Dans ces zones, l'eau potable, l'eau pour l'agriculture, l'hygiène et l'assainissement étaient des priorités sur lesquelles j'ai eu à travailler. Mais ce qui m'a décidé à m'engager à contribuer aux solutions d'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène c'est une revue sur la situation de l'eau et de l'assainissement au Sénégal que j'ai eu à faire en 2007 pour une Coalition d'ONG appelé Global Water Initiative. J'ai vu selon les informations récoltées et en lisant le Rapport 2006 des Nations Unies sur l'Eau et l'Assainissement que cette question est la Question du 21 siècle à résoudre si nous voulons combattre la Pauvreté et préserver la Vie sur Terre. De là j'ai franchi aisément le pas pour rejoindre WaterAid dont le Focus est sur l'Eau Potable, un Assainissement de Qualité et l'Hygiène.
3) Sous quel signe placez-vous votre mandat à la tête de la région ?
Mon prédécesseur Idrissa Doucouré et les Equipes WaterAid au Burkina, Ghana, Mali et Nigéria ainsi que l'Equipe Régionale d'Appui basée à Londres ont construit WaterAid Afrique de l'Ouest. Ils en ont fait une Organisation reconnue par sa contribution de qualité à la résolution des problèmes d'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène dans les pays d'intervention, au niveau sous régional et régional. Nous avons aujourd'hui un statut d'Observateur à la Commission des Droits Humains de l'Union Africaine et avons établi de solides partenariats avec le système des Nations Unies (UNICEF et UN Habitat), des Institutions Académiques telles que 2iE et AGRIMET, des Structures de Recherche et d'Action telles que le CREPA ainsi que des relations avec les institutions gouvernementales telles que AMCOW et l'UEMOA.
Mon ambition est, avec toute notre grande Equipe WaterAid Afrique de l'Ouest (Pays et sous Région), de passer à l'échelle supérieure en renforçant la qualité de notre travail et la couverture sous régionale à travers le démarrage des programmes pilotes au Niger, au Libéria et en Sierra Léone. Je veux qu'ensemble nous renforcions le Profil de WaterAid par la mise à disposition de modèles performants et durables, adaptés aux moyens des populations que nous servons en tenant compte des variables Changement Climatique et Urbanisation galopante. Je compte amener notre grande Equipe à travailler pour 'Un Programme' liant effectivement le Plaidoyer aux Opérations sur le Terrain et à mettre en œuvre l'approche 'Une Equipe' à travers le développement du partage et de l'apprentissage pour que l'expertise développé dans un pays, à partir d'un projet soit connu et utilisé par tous. Enfin, je veux qu'avec nos efforts, le personnel de WaterAid soit fier de travailler pour cette organisation et que chaque employé(e) se sente soutenu(e) dans le développement de sa carrière.
4) En tant que femme avez-vous des ambitions spécifiques qui vous tiennent personnellement à cœur ?
En tant que femme et mère, je veux que la diversité soit respectée et valorisée et que les différences soient reconnues et pris en compte dans tout ce que nous faisons. Il s'agit d'assurer que chaque personne bénéficiaire d'une quelconque activité de WaterAid voit ses besoins spécifiques considérés et sa participation au processus facilitée et valorisée. Pour moi, chaque personne compte. Je tiens aussi que la vie professionnelle soit en harmonie avec la vie familiale pour les travailleurs de WaterAid. Il est vrai que chaque question que nous traitons est d'une urgence au regard du contexte dans lequel nous intervenons. Cependant, si nous ne mettons pas nos employés dans les conditions de vivre aussi leur vie familiale et sociale, nous n'aurons pas respecté leurs droits et nous n'aurons pas le meilleur d'eux. Pour nous chaque Personne compte et cela commence avec ceux qui travaillent avec nous.
5) Vous avez visité le Burkina, quels sont les atouts et les challenges du Programme Pays ?
Je suis impressionné par la haute facture du Programme du Burkina. Il existe un programme bien établi qui a développé de solides relations avec les Institutions Gouvernementales.
Les ouvrages que j'ai visités ont de bons standards et la démarche intégrée de nos partenaires sur le terrain ajoute de la valeur à notre appui au Secteur Eau Potable, Assainissement adéquat et Hygiène.
Il reste à lier le travail de Plaidoyer au travail sur le terrain, à intégrer les standards d'inclusion et d'équité dans la construction des ouvrages et à avoir un partenariat plus stratégique à la base à travers une vision partagée et un engagement moyen et long terme.
Je trouve aussi qu'il est utile de revoir l'approche de gestion du Programme pour assurer une présence plus consistante de WaterAid afin de renforcer l'apprentissage et prendre en charge les difficultés assez rapidement.
6) Quels vos conseils pour le programme du Burkina ?
J'exhorte l'Equipe à créer un environnement social qui motive chacun et chacune de vous et qui permette d'accroître les performances individuelles et collective.
7) Dernier mot
Gardez le formidable engagement pour que le Programme WaterAid Burkina soit encore plus efficace. Je compte sur votre contribution aux ambitions ci – dessus mentionnées pour atteindre le palier supérieur pour WaterAid en Afrique de l'Ouest.
Ensemble pour des Succès et encore des Succès !