Aperçu historique et géographique du Mali
Situé au cSur de lAfrique de lOuest, le Mali couvre une superficie de 1 241 238 km2 (soit deux fois celle de la France). Le delta intérieur du Niger qui sépare le Sahara, au nord, de la savane boisée au sud, occupe le centre du pays.
Le Mali fut le berceau de nombreux empires, royaumes et états (lempire de Ghana, lempire du Mali et du Songhaï, les royaumes bambaras de Ségou et de Kaarta, le Royaume de Sikasso, et les états théocrates des Peuls et des Toucouleurs).
Pendant de nombreux siècles, la sécheresse croissante du Sahara a conduit les populations à migrer vers la vallée du Niger. Des empires puissants, principalement dirigés par des musulmans, se sont succédé jusquà la fin du XIXe siècle et les villes de Djenné, Gao et Tombouctou sont devenues des villes commerciales et artistiques musulmanes.
En 1904, la région devient la colonie française du Haut Sénégal-Niger, rebaptisée plus tard colonie française du Soudan. Le pays gagne son indépendance en 1960 et prend le nom de République du Mali.
Il partage environ 7 200 km de frontières avec sept pays : lAlgérie au nord, le Niger à lest, le Burkina-Faso au sud-est, la Côte dIvoire au sud, et la Guinée, le Sénégal et la Mauritanie à louest.
Début 1991, une période dinstabilité politique conduit à des émeutes qui mettront fin au règne de Moussa Traoré après 23 ans au pouvoir. En 1992, Alpha Omar Konaré est élu président et réélu en 1997. Il passe la main en 2002 à un autre président élu, Amadou Toumani Touré.
Population
La population du Mali était estimée à 11 414 000 en 2006, avec un taux de croissance de 2,63 % par an. Lespérance de vie à la naissance est denviron 50 ans. Le taux de fécondité est en moyenne de 7,42 enfants par femme. Le taux de mortalité des enfants est de 107,58 0 tandis que celui des moins de cinq ans se chiffre à 194 0. Environ 90 % de la population malienne vit dans le sud du pays, 73 % en zone rurale. En matière de religion, la population est musulmane à 91 %, chrétienne à 1 % et animiste à 9 %.
Economie
Le pays étant semi-aride à 60 %, lactivité économique est en grande partie concentrée dans les zones proches du Niger, ou irriguées par cette rivière. Si lindustrie aurifère est la principale ressource avec 25,3 tonnes produites en 1999, le pays possède également du sel, du phosphate et de luranium. Dautres ressources minières existantes ne sont pas encore exploitées, notamment la bauxite, le fer, mais aussi le manganèse, létain et le cuivre.
Léconomie est dominée par le secteur agricole qui emploie environ 75 % de la main dSuvre et représente 46 % du PIB. Ce secteur est actuellement dominé par le coton (405 907 tonnes produites en 1995/1996) ce qui place le Mali au second rang des producteurs africains de coton après lÉgypte. Cette culture a contribué de façon significative à léconomie villageoise, en permettant lachat de matériel agricole, ou la construction décoles et de centres médicaux.
Parmi les principales productions agricoles, on compte le riz, le millet, le sorgho et le maïs. Le Mali exporte également des arachides et du sucre ; lélevage et la pêche jouent également un rôle non négligeable dans léconomie. La production céréalière sest développée de 6 % de 1989 à 1996 et de 13,3 % de 1996 à 1999. Cependant, la production agricole destinée à lalimentation na augmenté que de 6 % de 1989 à 1996, et de 1,8 % de 1996 à 1999.
En janvier 1994, le pays a subi un véritable cataclysme quand la France a décidé de dévaluer le franc CFA de moitié, provoquant de ce fait un doublement du prix des produits importés du jour au lendemain. Ne disposant pas de réserves de devises, et avec une dévaluation de moitié du prix de ses marchandises, le pays sest vu contraint daugmenter le volume de ses exportations.
Depuis la dévaluation, les produits maliens sont plus compétitifs à létranger et le Mali est devenu le premier exportateur de coton dans le monde. Cependant, ces exportations ne suffisent pas à soutenir léconomie, les prix étant en baisse constante, si bien que le niveau de pauvreté sest aggravé et a conduit à une dégradation importante des conditions de vie.
En 2002, le PIB était estimé à 5,12 milliards de dollars US, et le revenu annuel par habitant à 379 dollars. 63,8 % de la population malienne vit en dessous du seuil de pauvreté.
Indicateurs de développement
Le Mali est lun des pays les plus pauvres au monde. Le rapport des Nations unies sur le Développement humain (PNUD 2007/08) place le Mali au 173ème rang sur 177. La pauvreté est largement répandue avec 63,8 % de la population considérée comme pauvre, et 21 % comme extrêmement pauvre. Les maladies liées à leau et à lassainissement comme le paludisme et la diarrhée sont respectivement première et troisième causes de mortalité des enfants de moins de cinq ans.
Les études montrent que le Mali vit actuellement une période difficile. Plusieurs facteurs viennent expliquer cette situation : difficultés de lindustrie du coton, faiblesse des pluies depuis 2000/2001, augmentation du prix du pétrole, crises économiques des pays voisins et invasion de criquets en 2004, cause de la famine actuelle qui menace le pays.
Accès à leau potable et à lassainissement : état des lieux
En 2003, la Direction nationale de lHydraulique (DNH) a recensé un total de 28 045 points deau modernes dont 15 154 forages, 8 532 puits modernes et 3 483 bornes-fontaines. De plus, 241 zones sont équipées de petits systèmes dalimentation en eau. Sur 35 zones urbaines, seules 15 sont desservies et gérées par EDM Ltd ; les autres sont sous la responsabilité de la DNH et sont gérées par des associations dusagers.
Daprès les normes officielles du secteur, le taux de couverture en dehors de Bamako est estimé à 66 % ; cependant, si lon tient compte dun taux élevé de pannes, environ 37 % de ces équipements sont hors service à certains moments de lannée.
En termes dassainissement, 62 % des ménages ont recours à des systèmes traditionnels inadéquats et seulement 10 % possèdent des latrines modernes à la maison. Dans les quartiers urbains, 33 % utilisent des toilettes à chasse deau ou des latrines améliorées.
Sagissant des comportements actuels en matière dhygiène, seuls 15 % des ménages utilisent du savon, de la cendre ou dautres produits locaux pour se laver les mains.
Ces chiffres expliquent en partie les taux de morbidité et de mortalité particulièrement élevés des enfants de moins de cinq ans. Rappelons que la diarrhée qui touche 19 % des moins de cinq ans et 29 % des enfants entre six et onze mois est la troisième cause de mortalité pour cette tranche dâge, après le paludisme et les infections respiratoires aiguës. Lépidémie de choléra daoût 2003 a touché 4 298 personnes, dont 328 ont succombé à la maladie.
Dans certaines régions, à Gao, Tombouctou et Mopti par exemple, le ver de Guinée est toujours endémique, avec 829 cas observés en 2003. Labsence de services de base, eau potable et traitement des excréta, associée au manque dhygiène, explique le taux élevé de maladies dorigine hydrique dans ces trois régions. Pour ce qui est du trachome, le Mali compte 34,9 % des cas enregistrés dans le monde.